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    Question d'oral

    Pourquoi les référendums européens sont-ils si souvent négatifs ?

    Réponse d'oral

    Les référendums européens sont souvent négatifs parce qu’ils mêlent un choix sur l’Union européenne, une inquiétude pour la souveraineté nationale et un jugement sur le gouvernement en place. Mais cette impression mérite d’être nuancée : beaucoup ont abouti à un « oui », notamment lors des adhésions. Les refus marquent davantage les mémoires, car ils peuvent bloquer un traité pour plusieurs pays. Le 29 mai 2005, les Français rejettent ainsi le traité établissant une Constitution pour l’Europe à 54,67 %. Ce résultat rassemble des motivations différentes : refus d’une Europe jugée trop libérale, défense de la nation ou sanction du pouvoir.
    Le déficit démocratique nourrit aussi ces votes. Les décisions européennes paraissent lointaines et leurs responsables difficiles à identifier. Un référendum offre alors une occasion rare de reprendre la parole, mais impose une réponse binaire à des compromis complexes. Les partisans du non peuvent s’accorder sur le rejet sans partager une solution de remplacement. Le souverainisme rencontre ainsi parfois une critique favorable à l’Europe, mais hostile à son fonctionnement actuel. À l’inverse, les fédéralistes proposent de renforcer le contrôle démocratique à l’échelle européenne plutôt que de rendre les pouvoirs aux seuls États.
    Enfin, certaines suites données aux votes accentuent la méfiance. Le traité de Lisbonne, ratifié en France par voie parlementaire en 2008, reprend une grande partie des réformes institutionnelles du projet rejeté en 2005, sans être identique. Cela a nourri le sentiment d’un contournement du vote populaire. Le défi est donc de construire une Europe dont les citoyens puissent réellement choisir l’orientation, et pas seulement accepter ou refuser les traités.