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    Question d'oral

    Pourquoi la santé mentale des jeunes est-elle devenue une priorité politique ?

    Réponse d'oral

    La santé mentale des jeunes est devenue une priorité politique parce que leur souffrance psychique est davantage repérée, qu’elle s’est aggravée pendant la crise sanitaire et qu’elle engage l’avenir de toute la société. L’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte sont des périodes fragiles : examens, recherche d’emploi, difficultés financières, construction de soi. La pandémie de Covid-19, à partir de 2020, a ajouté l’isolement et l’incertitude. En France, selon l’enquête nationale EnCLASS de 2022, environ un lycéen sur sept présentait un risque important de dépression. Ce mal-être peut entraîner décrochage scolaire, addictions ou conduites suicidaires.
    Cette priorité traduit aussi un changement de regard : on ne veut plus seulement enfermer ou traiter la « folie », mais prévenir la souffrance et permettre de vivre avec les autres. À Bicêtre, en 1793, Pinel incarne, avec le surveillant Pussin, une volonté d’humaniser le traitement des malades. Plus tard, Foucault interroge le rôle de l’asile dans l’exclusion sociale. Aujourd’hui, le DSM aide les professionnels à identifier les troubles, mais un diagnostic ne résume jamais une personne. Une tristesse passagère n’est pas nécessairement une dépression.
    L’enjeu politique est donc concret : faciliter l’accès aux soins, réduire les délais, renforcer la présence de professionnels dans les établissements scolaires et soutenir les familles. Il faut aussi agir sur le harcèlement, la précarité et les usages numériques nocifs, sans attribuer toutes les difficultés aux écrans. Soigner les jeunes ne suppose-t-il pas aussi de transformer les conditions dans lesquelles ils grandissent ?