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    Question d'oral

    Quels risques spécifiques pèsent sur les journalistes aujourd’hui (guerres, prison, harcèlement en ligne) ?

    Réponse d'oral

    Les journalistes sont aujourd’hui exposés à trois risques majeurs : la mort ou les blessures dans les guerres, la prison pour leurs enquêtes et le harcèlement en ligne destiné à les faire taire. Sur un front, ils subissent les bombardements, les mines et les enlèvements. Certains sont aussi délibérément visés parce qu’ils documentent des violences. Leur statut de civil doit pourtant les protéger, tant qu’ils ne participent pas directement aux hostilités. En Ukraine, le journaliste français Arman Soldin, de l’AFP, a été tué le 9 mai 2023 par des tirs de roquettes, alors qu’il couvrait les combats près de Bakhmout.
    La prison constitue une autre manière de bloquer l’information. Des gouvernements utilisent des accusations d’espionnage, de terrorisme ou de diffusion de « fausses nouvelles » pour poursuivre des reporters. Le journaliste américain Evan Gershkovich a ainsi été arrêté en Russie en mars 2023, puis libéré lors d’un échange de prisonniers en août 2024. À cela s’ajoutent la surveillance des communications et les pressions sur les proches, qui peuvent aussi compromettre la protection des sources.
    Enfin, les réseaux sociaux permettent des campagnes massives d’insultes, de menaces et de divulgation d’informations privées. Les femmes journalistes subissent notamment des attaques sexistes et des menaces sexuelles. Ce harcèlement peut provoquer une détresse psychologique, pousser à l’autocensure ou déboucher sur une agression physique. Protéger les journalistes ne revient donc pas à leur accorder un privilège : c’est préserver notre possibilité de connaître des faits dérangeants. Quelle liberté de s’informer reste-t-il lorsque ceux qui enquêtent doivent choisir entre parler et se protéger ?