Retour à la fiche
Question d'oral
Que dit l'ordonnance de Villers-Cotterêts et qu'est-ce qu'elle ne dit pas ?
Réponse d'oral
L’ordonnance de Villers-Cotterêts impose en 1539 le français dans les actes de justice, mais elle ne commande pas à tous les habitants du royaume de parler français au quotidien. Signée par François Ier, elle comprend 192 articles et traite surtout de l’organisation judiciaire. Deux articles sont essentiels pour l’histoire de la langue : l’article 110 exige des décisions claires, sans ambiguïté ; l’article 111 prévoit que les arrêts, procédures et autres actes concernés soient rédigés « en langage maternel françois et non autrement ». L’objectif est notamment d’éviter les difficultés de compréhension liées au latin.Ce que l’ordonnance dit, c’est donc que la justice doit employer une langue compréhensible plutôt que le latin savant. Elle renforce aussi le pouvoir royal en unifiant les pratiques écrites. Concrètement, une sentence ou un contrat enregistré par un notaire doit désormais être établi en français. Mais cela ne signifie pas que chaque justiciable comprend réellement cette langue : beaucoup parlent alors breton, occitan ou d’autres langues locales. Le français juridique reste lui-même difficile à comprendre.Ce qu’elle ne dit pas, c’est que les langues régionales sont interdites dans les familles, les rues ou les échanges ordinaires. Elle ne crée pas non plus une école chargée de franciser toute la population. La généralisation du français sera beaucoup plus lente, portée notamment par l’administration et l’école aux siècles suivants. Villers-Cotterêts marque donc une étape majeure, pas une transformation immédiate : une langue commune suffit-elle à rendre la justice accessible à tous ?
