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    Question d'oral

    L'Académie française a-t-elle un pouvoir sur la langue ?

    Réponse d'oral

    L’Académie française a un pouvoir sur la langue française, mais c’est surtout un pouvoir symbolique : elle recommande des usages sans pouvoir les imposer à tous. Fondée en 1635 sous Richelieu, elle reçoit pour mission de donner des règles au français et de préparer un dictionnaire. Elle participe ainsi à la construction d’une langue commune, à une époque où les façons de parler varient beaucoup selon les régions. Mais elle n’a pas créé le français : cette langue romane, issue du latin populaire, évoluait déjà depuis des siècles.
    Son principal outil est le Dictionnaire de l’Académie française, dont la première édition paraît en 1694. Elle se prononce aussi sur la grammaire, l’orthographe ou les mots nouveaux. Pourtant, elle n’est pas une « police de la langue » : elle ne peut ni sanctionner une personne qui emploie un anglicisme, ni empêcher un mot de se répandre. Certaines de ses recommandations ont une portée administrative, notamment lorsqu’elle participe à l’enrichissement du vocabulaire officiel. Mais les obligations juridiques viennent des pouvoirs publics, pas de sa seule autorité.
    En réalité, l’usage joue un rôle décisif. Les écrivains, les médias, l’école et les conversations quotidiennes font vivre et changer le français. La féminisation des noms de métiers l’illustre : longtemps réticente, l’Académie en reconnaît le principe en 2019, alors que plusieurs formes étaient déjà courantes. Et le français mondial ne dépend pas seulement de Paris : ses locuteurs africains, québécois ou belges contribuent aussi à son évolution. Comment préserver une langue commune sans étouffer la diversité de ceux qui la parlent ?