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    Question d'oral

    Faut-il imposer la mixité sociale, y compris au privé ?

    Réponse d'oral

    Oui, il faut imposer davantage de mixité sociale à l’école, y compris dans le privé sous contrat, mais sans croire que le brassage des élèves suffira à supprimer les inégalités scolaires. L’objectif n’est pas de punir les familles : c’est d’éviter que certains établissements concentrent toutes les difficultés, tandis que d’autres sélectionnent les publics les plus favorisés. Le mérite existe, mais il ne s’exerce pas dans les mêmes conditions selon que l’on dispose d’une chambre calme, de cours particuliers ou de parents familiers des attentes scolaires.
    La carte scolaire peut favoriser cette mixité, à condition de ne pas simplement reproduire la ségrégation des quartiers. À Paris, depuis 2017, des secteurs communs à plusieurs collèges ont été expérimentés pour mieux répartir les élèves. Le privé sous contrat doit également participer à cet effort, puisqu’il reçoit des financements publics, notamment pour rémunérer ses enseignants. Des objectifs d’accueil d’élèves boursiers, des frais accessibles et des admissions plus transparentes seraient donc légitimes. La liberté de choix des familles mérite d’être respectée, mais elle ne peut justifier que seuls les établissements publics assument la solidarité.
    Cependant, déplacer des élèves sans améliorer leur accueil serait insuffisant. Il faut des transports adaptés, des équipes enseignantes stables et un dialogue avec les parents. L’éducation prioritaire, créée en 1981, reste complémentaire : donner davantage de moyens à ceux qui rencontrent davantage d’obstacles demeure nécessaire. Une politique juste associerait donc mixité, soutien pédagogique et évaluation des résultats. Au fond, voulons-nous seulement permettre à quelques élèves de changer d’établissement, ou rendre chaque établissement réellement désirable ?