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    Question d'oral

    Peut-on parler d'auteur pour une œuvre créée par cinq cents personnes ?

    Réponse d'oral

    Oui, on peut parler d’auteur pour un jeu vidéo créé par cinq cents personnes, à condition de ne pas confondre celui qui donne une direction artistique avec l’ensemble de ceux qui créent l’œuvre. Le cinéma pose déjà cette question : un réalisateur signe un film sans fabriquer seul les décors, les costumes ou la musique. Dans le jeu vidéo, une personnalité peut également porter une vision reconnaissable. Hideo Kojima, avec Death Stranding en 2019, développe ainsi des thèmes récurrents : la solitude, les liens humains et les effets de la technologie. Sa signature existe, même si elle repose sur le travail de nombreuses équipes.
    Mais le jeu vidéo rend particulièrement visible la création collective. Son identité dépend autant des images et des dialogues que des règles, des animations ou de la manière dont un personnage répond aux commandes. Une idée de programmeur ou de concepteur de niveaux peut transformer profondément l’expérience. Présenter un grand jeu comme l’œuvre d’un seul génie risque donc d’effacer des contributions décisives. Il faut aussi distinguer la signature artistique du pouvoir économique : financer un jeu ne suffit pas à en être l’auteur.
    Enfin, l’interactivité donne au joueur une place particulière. Dans Les Sims, il invente des situations et construit ses propres histoires. Il ne devient pas pour autant l’auteur de tout le jeu : il agit dans un cadre conçu par d’autres. On peut donc reconnaître une vision d’auteur tout en attribuant justement les contributions de chacun. La vraie question devient alors : comment signer une œuvre sans rendre invisibles ceux qui lui donnent vie ?