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    Question d'oral

    En période de crise, comment éviter que l’exception devienne un régime permanent ?

    Réponse d'oral

    En période de crise, éviter que l’exception devienne un régime permanent exige de limiter dans le temps les pouvoirs extraordinaires et de maintenir leur contrôle par le Parlement et les juges. Un État de droit ne doit pas disparaître face au danger : il doit permettre d’y répondre sans donner carte blanche au gouvernement. Toute restriction des libertés doit donc être nécessaire, adaptée et proportionnée à la menace. Une interdiction de manifester, par exemple, ne peut pas simplement reposer sur l’idée générale que la situation est inquiétante.
    Le premier garde-fou est une durée limitée : les mesures exceptionnelles doivent expirer automatiquement, sauf prolongation débattue et votée. Le Parlement doit pouvoir demander des comptes au gouvernement. Le deuxième est un contrôle juridictionnel effectif. Le juge administratif contrôle les mesures de police ; le juge judiciaire protège notamment la liberté individuelle contre la détention arbitraire ; le Conseil constitutionnel vérifie que les lois respectent les droits constitutionnels, notamment grâce à la QPC. Ces contrôles supposent des juges indépendants et des recours réellement accessibles.
    L’exemple français montre toutefois le risque d’installation durable. L’état d’urgence déclaré après les attentats du 13 novembre 2015 a été prolongé jusqu’en novembre 2017. La loi du 30 octobre 2017 a ensuite intégré dans le droit ordinaire certains dispositifs inspirés de l’urgence, comme les périmètres de protection. Sortir officiellement de l’exception ne suffit donc pas : il faut aussi examiner ce qui en subsiste. La véritable épreuve démocratique n’est-elle pas de savoir rendre les pouvoirs exceptionnels une fois le danger écarté ?