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    Question d'oral

    Faut-il autoriser la gestation pour autrui ?

    Réponse d'oral

    Autoriser la gestation pour autrui (GPA) peut répondre à un désir d’enfant, mais n’est défendable que si la liberté et la protection de la femme qui porte l’enfant sont réellement garanties. La GPA consiste à porter un enfant pour une autre personne ou un autre couple. Elle concerne notamment des femmes privées d’utérus et des couples d’hommes. Ses défenseurs invoquent l’autonomie : pourquoi empêcher une femme majeure, informée et volontaire d’aider autrui ? Une GPA sans rémunération pourrait alors être comprise comme un geste de solidarité.
    Mais un accord signé ne suffit pas à garantir un consentement libre et éclairé. Une femme peut accepter sous la pression de difficultés financières ou de son entourage. La grossesse comporte aussi des risques médicaux et un lien affectif impossible à prévoir entièrement. Qui décide, par exemple, si une anomalie du fœtus est découverte ? Depuis le code de Nuremberg de 1947, la bioéthique rappelle que la personne ne doit jamais devenir un simple instrument. En France, les conventions de GPA sont nulles depuis les lois de bioéthique de 1994, au nom notamment de la protection du corps humain contre sa marchandisation.
    Une autorisation ne serait donc acceptable qu’avec des garanties fortes : absence de profit commercial, accompagnement indépendant et maintien des décisions médicales entre les mains de la femme enceinte. Même ainsi, les pressions resteraient difficiles à éliminer. L’intérêt de l’enfant, notamment la sécurité de sa filiation, doit aussi être protégé, quelles que soient les circonstances de sa naissance. La question invite finalement à distinguer le désir légitime d’être parent d’un droit à mobiliser le corps d’autrui.