Retour à la fiche
Question d'oral
Le diagnostic prénatal est-il un eugénisme ?
Réponse d'oral
Le diagnostic prénatal n’est pas en lui-même un eugénisme, mais son utilisation peut soulever un risque de sélection des naissances. Il permet de rechercher, pendant la grossesse, une maladie ou une anomalie chez le fœtus, afin d’informer les parents et d’organiser les soins. L’eugénisme désigne, lui, une volonté de sélectionner les êtres humains selon des caractères jugés souhaitables, notamment à l’échelle d’une population. La différence tient donc au but poursuivi, mais aussi à la liberté réelle laissée aux parents.Par exemple, une échographie peut repérer une malformation cardiaque et permettre de prévoir un accouchement dans un centre spécialisé. Le diagnostic sert alors directement le soin. Le dépistage de la trisomie 21 pose une question plus délicate : il évalue d’abord un risque, qu’un examen diagnostique peut ensuite confirmer. En France, une interruption médicale de grossesse peut être autorisée lorsqu’il existe une forte probabilité d’une affection particulièrement grave, reconnue comme incurable au moment du diagnostic. Elle n’est jamais automatique. Depuis les lois de bioéthique de 1994, le Code civil interdit « toute pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes ».Cependant, l’absence de contrainte légale ne suffit pas à écarter tout problème éthique. Le manque d’accompagnement du handicap ou une présentation orientée des résultats peuvent peser sur la décision. Le consentement libre et éclairé suppose donc une information équilibrée et un soutien concret, quelle que soit l’issue choisie. La question devient alors : comment proposer ces examens sans faire comprendre que certaines vies auraient moins de valeur que d’autres ?
