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Question d'oral
Peut-on dire que le critique d'art a remplacé le mécène au XIXe siècle ?
Réponse d'oral
Au XIXe siècle, le critique d’art n’a pas remplacé le mécène : il a surtout acquis un nouveau pouvoir, celui d’influencer la réputation des artistes et la valeur de leurs œuvres. Le mécène soutient directement la création, par une commande ou une aide financière. Le critique, lui, commente les œuvres exposées, défend certains peintres et oriente le jugement du public. Il ne paie donc pas nécessairement l’artiste, mais peut lui apporter la visibilité qui permettra de vendre.Cette évolution accompagne l’essor du marché de l’art, de la presse et des expositions. L’artiste dépend moins exclusivement d’un prince ou de l’Église. Il cherche désormais à convaincre plusieurs acteurs : amateurs, collectionneurs, marchands et journalistes. En 1846, dans son compte rendu du Salon, Baudelaire défend ainsi Delacroix et souligne la force de sa couleur. Plus tard, Émile Zola soutient Manet, notamment dans une étude publiée en 1867, alors que sa peinture provoque de vives réactions. Ces prises de position contribuent à faire reconnaître des artistes contestés, sans leur garantir immédiatement des acheteurs.Il faut donc parler d’une redistribution des rôles, plutôt que d’un remplacement. Les commandes publiques et les collectionneurs privés restent essentiels. Le marchand Paul Durand-Ruel, par exemple, soutient les impressionnistes en achetant leurs tableaux : son action financière complète le travail des critiques favorables. Dans ce nouveau système, la reconnaissance se construit à plusieurs, avant parfois d’être consacrée par le musée. Reste à savoir si cette multiplication des intermédiaires rend l’artiste plus libre ou simplement dépendant de nouveaux juges.
Autres questions
1.En quoi la création du Louvre transforme-t-elle le statut de l'œuvre d'art ?2.Le marché de l'art libère-t-il ou asservit-il l'artiste ?4.La distinction entre "grand art" et "art décoratif" est-elle une conséquence de l'émergence du musée ?5."L'art est ce qui se vend le plus cher" : que vous inspire cette provocation au regard de l'histoire du marché de l'art ?
