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    Question d'oral

    Que signifie « penser comme une montagne » chez Aldo Leopold ?

    Réponse d'oral

    « Penser comme une montagne », chez Aldo Leopold, signifie considérer la nature à l’échelle de l’ensemble d’un écosystème et de son temps long, plutôt qu’à partir des seuls intérêts humains immédiats. La montagne ne pense évidemment pas : elle représente un milieu où les loups, les cerfs, les plantes et les sols dépendent les uns des autres. Comprendre ce milieu suppose donc de regarder les conséquences indirectes de nos interventions.
    Dans son Almanach d’un comté des sables, publié en 1949, Leopold raconte avoir participé, jeune homme, à la mise à mort d’une louve. Il croyait alors que moins de loups signifiait davantage de cerfs, donc davantage de gibier pour les chasseurs. Mais il comprend ensuite que supprimer les prédateurs peut favoriser la multiplication des herbivores. Trop nombreux, ceux-ci dévorent la végétation, empêchent les jeunes arbres de pousser et contribuent à la dégradation des sols. Ce qui semblait avantageux à court terme menace finalement tout le milieu, y compris les cerfs.
    Cette image éclaire son éthique de la terre : l’être humain n’est pas le propriétaire souverain du vivant, mais un membre d’une communauté comprenant aussi les eaux, les sols, les plantes et les animaux. C’est une pensée écocentrique, attentive à l’ensemble des relations plutôt qu’à une seule espèce. Elle n’interdit pas toute intervention humaine, mais demande de la prudence et une vision plus large. Face aux transformations du climat et des paysages, saurons-nous décider à l’échelle de ce qui dure plutôt qu’à celle de ce qui rapporte immédiatement ?