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    Question d'oral

    Comment la figure de l'artiste change-t-elle avec la querelle des Modernes ?

    Réponse d'oral

    Avec la querelle des Anciens et des Modernes, la figure de l’artiste change : il n’est plus seulement l’héritier des maîtres antiques, mais un créateur capable de les égaler ou de les dépasser. Dans la France de la fin du XVIIe siècle, les Modernes contestent l’idée que la perfection artistique appartient définitivement au passé. L’artiste peut donc chercher des formes nouvelles et exprimer les goûts de son époque. Son talent ne se mesure plus uniquement à sa fidélité aux modèles : son originalité devient aussi une qualité.
    Un épisode illustre ce changement. Le 27 janvier 1687, Charles Perrault fait lire à l’Académie française son poème Le Siècle de Louis le Grand. Il y défend la grandeur du règne de Louis XIV et compare favorablement les contemporains aux auteurs antiques. Ce geste donne aux artistes vivants une nouvelle légitimité : pourquoi seraient-ils condamnés à rester inférieurs aux Grecs et aux Romains ? La croyance au progrès nourrit cette confiance, même si une œuvre d’art ne s’améliore pas comme une machine.
    Il faut cependant nuancer : les Anciens ne refusent pas toute invention, et les Modernes ne réclament pas une liberté sans règles. L’artiste demeure lié aux académies, aux commandes et au pouvoir royal. La querelle ne crée donc pas encore l’artiste indépendant que célébrera le romantisme. Mais elle contribue à faire de lui un acteur de son temps, autorisé à discuter l’héritage plutôt qu’à simplement le recevoir. Reste une question toujours actuelle : créer du nouveau exige-t-il de rompre avec les modèles ?