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    Question d'oral

    Expliquez comment un enjeu politique (la gloire du Roi) a pu alimenter un débat sur la couleur en peinture.

    Réponse d'oral

    La gloire du Roi a alimenté le débat sur la couleur en peinture parce que célébrer Louis XIV supposait de montrer que les artistes de son règne pouvaient égaler, voire surpasser, les maîtres du passé. Dans la querelle des Anciens et des Modernes, défendre la création contemporaine devient ainsi une manière de glorifier le souverain qui la protège. En 1687, Charles Perrault présente à l’Académie française son poème Le Siècle de Louis le Grand. Il y conteste la supériorité absolue de l’Antiquité. Le raisonnement est flatteur pour la monarchie : un roi exceptionnel doit pouvoir faire naître un art exceptionnel.
    En peinture, cette ambition rencontre la querelle du dessin et de la couleur, particulièrement vive dans les années 1670. Les défenseurs du dessin valorisent les proportions, la composition et les modèles antiques. Les défenseurs de la couleur, comme Roger de Piles, admirent notamment Rubens et soulignent la capacité des couleurs à donner l’illusion de la vie et à toucher immédiatement le spectateur. Son Dialogue sur le coloris, publié en 1673, participe à cette réévaluation. Reconnaître cette puissance permet de juger les peintres autrement que par leur fidélité aux modèles consacrés. Cela ouvre donc la possibilité d’une excellence nouvelle, utile au prestige royal. Les deux camps servent toutefois la monarchie : le débat ne se réduit pas à une opposition politique. La question reste alors ouverte : l’art célèbre-t-il mieux le pouvoir en respectant les modèles ou en inventant de nouvelles façons d’éblouir ?