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    Question d'oral

    La danse peut-elle, au même titre que le théâtre, placer le spectateur au cœur de son dispositif ? Appuyez-vous sur des exemples.

    Réponse d'oral

    Oui, la danse peut, au même titre que le théâtre, placer le spectateur au cœur du dispositif scénique, en faisant de sa présence une composante du spectacle. Elle n’a pas besoin de passer par la parole pour cela. Les mouvements, les regards, la proximité des corps ou les déplacements du public peuvent transformer la relation entre artistes et spectateurs. Comme dans le théâtre immersif, il ne s’agit plus seulement de regarder une scène à distance, mais de vivre une expérience commune.
    Avec Gala, créé en 2015, le chorégraphe Jérôme Bel réunit des professionnels et des amateurs aux âges, aux corps et aux capacités variés. Le public découvre des personnes auxquelles il peut s’identifier, plutôt qu’un modèle unique de virtuosité. Il est invité à revoir ses critères : qu’est-ce qu’un beau geste ? Qui peut danser ? Autre exemple : Fous de danse, organisé par Boris Charmatz à Rennes en 2015. Cette manifestation investit l’espace public et mêle performances, apprentissages et danses collectives. Le spectateur peut alors devenir lui-même danseur : la frontière entre regarder et agir devient mobile.
    Il faut cependant distinguer participation et émancipation. Faire monter quelqu’un sur scène ne lui donne pas automatiquement une liberté réelle. Inversement, une personne assise peut être très active dans sa manière de ressentir et d’interpréter, comme le souligne Jacques Rancière dans Le Spectateur émancipé, publié en 2008. L’enjeu serait donc moins de faire bouger tous les spectateurs que de leur permettre de construire leur propre relation à l’œuvre.