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    Question d'oral

    En quoi l’irrigation est-elle une innovation technique… mais aussi politique ?

    Réponse d'oral

    L’irrigation est une innovation technique, parce qu’elle permet de maîtriser l’eau pour cultiver, mais aussi une innovation politique, parce qu’elle impose d’organiser le travail et de décider du partage des ressources. En Mésopotamie, les pluies sont insuffisantes pour assurer les récoltes dans les plaines du Sud. Les habitants détournent donc une partie des eaux du Tigre et de l’Euphrate grâce à des canaux, des digues et des bassins. Cette maîtrise reste imparfaite : les crues peuvent détruire les installations, et l’accumulation de sel dégrade parfois les sols. Mais l’irrigation augmente les surfaces cultivées et favorise des surplus capables de nourrir les populations urbaines.
    Or, creuser un canal ne suffit pas : il faut l’entretenir, répartir les tâches et fixer les moments où chacun peut prélever de l’eau. Un cultivateur situé en amont peut priver son voisin en aval. L’eau devient donc une affaire de pouvoir collectif : communautés locales, temples et palais participent, selon les lieux et les périodes, à sa gestion. Vers 1750 av. J.-C., le Code de Hammurabi prévoit ainsi qu’un agriculteur négligent, dont la digue cède et inonde les champs voisins, doit compenser les récoltes perdues. La technique appelle ici une règle et une responsabilité.
    Il faut cependant éviter une idée trop simple : l’irrigation n’a pas automatiquement créé un État autoritaire. Elle a surtout renforcé le besoin de coopération, tout en donnant aux dirigeants un moyen de contrôler les terres et les récoltes. Qui maîtrise une ressource indispensable doit-il nécessairement commander ceux qui en dépendent ?