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    Question d'oral

    D'où viennent les inégalités sociales de mortalité (Marmot) ?

    Réponse d'oral

    Les inégalités sociales de mortalité viennent surtout des conditions de vie et de travail : selon Michael Marmot, la position sociale influence l’exposition aux risques, les ressources pour se protéger et, finalement, l’espérance de vie. C’est le gradient social de santé : à chaque échelon de la société, la santé tend à être meilleure qu’à l’échelon inférieur. Il ne s’agit donc pas seulement d’une opposition entre pauvres et riches. Les études britanniques Whitehall, dont la première débute en 1967 auprès de fonctionnaires, montrent une mortalité plus élevée chez les agents situés en bas de la hiérarchie, malgré un emploi stable et un système public de santé.
    Plusieurs mécanismes se cumulent. Les métiers pénibles exposent davantage aux accidents, aux substances toxiques et à l’usure physique. Un faible revenu rend plus difficile l’accès à un logement sain, à une alimentation variée ou à certains soins. Marmot insiste aussi sur le contrôle sur sa vie : subir des horaires imprévisibles, avoir peu d’autonomie et craindre de perdre son emploi entretiennent un stress durable. Le tabagisme ou la sédentarité comptent, mais ces comportements ne sont pas de simples choix individuels : ils dépendent aussi du milieu social.
    La transition épidémiologique, qui accroît le poids des maladies chroniques par rapport aux maladies infectieuses, ne supprime donc pas les écarts sociaux. Ceux-ci se construisent dès l’enfance et s’accumulent. Les réduire suppose de soigner, mais aussi d’agir sur l’école, le logement, les revenus et le travail. Une politique de santé peut-elle réussir si elle laisse intactes les inégalités qui rendent malade ?