Retour à la fiche
    Question d'oral

    Napoléon a-t-il continué ou trahi la Révolution ?

    Réponse d'oral

    Napoléon a continué la Révolution en consolidant l’égalité civile, mais il l’a aussi trahie en supprimant les libertés politiques et en établissant un pouvoir personnel. Ce paradoxe explique sa place dans l’histoire de France. Arrivé au pouvoir par le coup d’État du 18 Brumaire, le 9 novembre 1799, il prétend terminer la Révolution en stabilisant ses acquis. Le Code civil, promulgué le 21 mars 1804, confirme l’égalité devant la loi, la propriété privée et la disparition des privilèges de naissance. Les acheteurs de biens confisqués à l’Église conservent leurs terres. Les carrières publiques et militaires récompensent davantage le mérite, même si les relations restent importantes.
    Mais cette égalité ne signifie pas la liberté pour tous. Sous le Consulat, puis l’Empire, Napoléon concentre les décisions, contrôle la presse et surveille les opposants. Les plébiscites donnent une apparence d’approbation populaire, sans véritable débat libre. Son sacre du 2 décembre 1804 et la création d’une noblesse d’Empire réintroduisent une logique monarchique. Surtout, il rétablit l’esclavage en 1802 dans une partie des colonies, rompant avec l’abolition de 1794. Le Code civil place aussi les femmes mariées sous l’autorité de leur mari.
    Napoléon est donc à la fois un héritier et un fossoyeur de la Révolution. Il construit un État centralisé durable, avec les préfets et les lycées, mais transforme la souveraineté du peuple en autorité d’un seul homme. Sa chute à Waterloo, le 18 juin 1815, n’efface pas cet héritage. Peut-on vraiment préserver l’égalité lorsque les citoyens ne sont plus libres de contester le pouvoir ?