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    Question d'oral

    Que change le désengagement américain pour l'ONU ?

    Réponse d'oral

    Le désengagement américain fragilise l’ONU : il réduit ses moyens financiers, affaiblit son poids diplomatique et laisse davantage de place à d’autres puissances. Les États-Unis restent pourtant un acteur central de l’organisation : membre fondateur en 1945, ils disposent d’un siège permanent au Conseil de sécurité et du droit de veto. Leur retrait ne signifie donc pas nécessairement leur départ de l’ONU. Il peut prendre plusieurs formes : retarder des contributions, quitter certaines institutions ou refuser de soutenir une action collective. En 2018, par exemple, Washington a quitté le Conseil des droits de l’homme, avant d’y revenir en 2022. Cela montre combien l’engagement américain dépend aussi des alternances politiques.
    La première conséquence concerne le financement. Pour 2025, la quote-part américaine représente 22 % du budget ordinaire de l’ONU. Des versements suspendus ou retardés aggravent les difficultés de trésorerie. Les opérations de paix, financées par un budget distinct, peuvent également subir des réductions de moyens. Or les casques bleus ne constituent pas une armée autonome : ils dépendent des soldats fournis par les États et des ressources disponibles. La deuxième conséquence est politique. Sans soutien américain, certaines négociations perdent un levier majeur. La Chine peut gagner en influence, mais elle ne remplace pas automatiquement Washington.
    Enfin, ce désengagement révèle une faiblesse structurelle : l’ONU dépend des puissances qu’elle doit parfois contenir. Une réforme du Conseil de sécurité reste difficile, car modifier la Charte exige notamment la ratification des cinq membres permanents. L’enjeu devient alors de savoir si les autres États peuvent défendre une coopération mondiale moins dépendante d’une seule puissance.