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    Question d'oral

    Popper : qu’est-ce que la falsifiabilité et pourquoi ce critère est-il utile (ou critiqué) ?

    Réponse d'oral

    Pour Popper, la falsifiabilité est la possibilité de soumettre une théorie à un test qui pourrait la contredire : ce critère sert à distinguer la science de ce qui n’en relève pas. Une théorie scientifique prend donc un risque. Elle précise ce qui, si on l’observait, montrerait qu’elle se trompe. Dire « tous les cygnes sont blancs » est falsifiable : un seul cygne noir suffit à contredire cette affirmation. À l’inverse, multiplier les observations de cygnes blancs ne prouve jamais définitivement qu’ils le sont tous. Attention : « falsifiable » ne signifie pas « faux », mais réfutable par l’expérience.
    Ce critère est utile parce qu’il encourage les chercheurs à éprouver leurs idées plutôt qu’à chercher seulement des confirmations. En 1919, lors d’une éclipse solaire, des observations ont permis de tester la déviation de la lumière prévue par la relativité générale d’Einstein. La théorie formulait une prédiction précise, susceptible d’être mise en défaut. Popper critique ainsi les discours qui trouvent toujours une explication après coup et qu’aucun résultat ne pourrait démentir. Cependant, être falsifiable ne suffit pas à rendre une idée vraie ou bien étayée.
    Le critère est aussi discuté, car un test ne confronte jamais une théorie isolée aux faits. Il dépend d’appareils, de calculs et d’hypothèses auxiliaires. Un résultat contraire peut donc signaler une erreur de mesure plutôt qu’une théorie fausse. Les prévisions probabilistes compliquent également le jugement : un événement improbable n’est pas impossible. La falsifiabilité reste un repère précieux, mais comment reconnaître le moment où défendre une théorie devient refuser d’apprendre ?