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    Question d'oral

    Comment Canguilhem définit-il la santé ?

    Réponse d'oral

    Pour Georges Canguilhem, la santé est la capacité d’un organisme à s’adapter aux changements de son milieu et à créer de nouvelles manières de vivre. Dans son travail de 1943 sur le normal et le pathologique, il refuse de la réduire à la conformité à une moyenne statistique. Avoir des résultats médicaux « dans la norme » ne suffit donc pas à définir une personne en bonne santé. Ce qui compte, c’est aussi sa liberté d’action : peut-elle faire face à un imprévu, supporter un effort ou retrouver un équilibre après une épreuve ?
    Canguilhem appelle normativité cette capacité à établir de nouvelles normes de vie. Par exemple, après une blessure au genou, une personne peut parvenir à marcher chez elle sans douleur, mais rester incapable de monter un escalier ou de se déplacer sur un terrain accidenté. Elle a retrouvé un équilibre, mais celui-ci reste fragile et dépend de conditions très limitées. La maladie n’est donc pas une absence totale de règles de fonctionnement : elle correspond à une vie dont les possibilités se sont rétrécies. Être en bonne santé, à l’inverse, c’est disposer d’une marge pour affronter des situations nouvelles.
    Cette conception ne rend pas les mesures biologiques inutiles. Elle rappelle simplement qu’un chiffre doit être interprété en fonction de la personne, de son milieu et de ses activités. Le médecin ne cherche pas seulement à corriger un résultat : il aide aussi le patient à retrouver des possibilités de vivre. Dès lors, soigner ne consiste-t-il pas autant à rendre une liberté qu’à supprimer une maladie ?