Retour à la fiche
    Question d'oral

    Les droits de l'homme de 1789 sont-ils universels ?

    Réponse d'oral

    Les droits de l’homme de 1789 sont universels dans leur principe, mais leur application pendant la Révolution française reste limitée. La Déclaration du 26 août 1789 affirme que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Ces droits ne dépendent donc, en théorie, ni de la naissance, ni de la richesse, ni de la nationalité. La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression sont présentées comme des droits naturels, que le pouvoir doit respecter. C’est une rupture majeure avec l’Ancien Régime, où les privilèges distinguaient les ordres.
    Pourtant, cette égalité proclamée ne donne pas à tous les mêmes possibilités d’agir. La Constitution de 1791 réserve le vote aux hommes qui remplissent notamment une condition d’impôt : c’est le suffrage censitaire. Les femmes restent exclues des droits politiques. En 1791, Olympe de Gouges dénonce cette exclusion dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Surtout, l’esclavage demeure dans les colonies après 1789, en contradiction directe avec la liberté et l’égalité affirmées. Il n’est aboli par la Convention qu’en 1794, avant son rétablissement par Bonaparte en 1802.
    Il faut donc distinguer la portée des principes et la réalité historique. La Déclaration ne réalise pas immédiatement l’égalité des droits, mais elle fournit un argument puissant à ceux qui la réclament. Son universalisme est à la fois une promesse et un outil de contestation. La question reste ouverte aujourd’hui : comment transformer des droits proclamés pour tous en droits réellement accessibles à chacun ?