Retour à la fiche
    Question d'oral

    La RSE doit-elle être volontaire ou obligatoire ?

    Réponse d'oral

    La RSE doit être à la fois volontaire et obligatoire : la loi doit fixer un minimum commun, tandis que les entreprises doivent pouvoir aller plus loin. La responsabilité sociétale des entreprises consiste à répondre des effets de leur activité sur la société et l’environnement. Elle ne peut donc pas dépendre uniquement de la bonne volonté des dirigeants. Réduire les accidents du travail, respecter les droits humains ou prévenir les pollutions ne relève pas d’un simple geste généreux. Sans règles communes, une entreprise qui finance ces efforts risque aussi d’être désavantagée face à un concurrent moins scrupuleux.
    L’obligation permet surtout de passer des promesses aux actes. Après l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, en 2013, qui a tué plus de 1 100 personnes, la France a adopté la loi sur le devoir de vigilance, le 27 mars 2017. Elle impose à certaines grandes entreprises de prévoir des mesures pour prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement, notamment chez leurs fournisseurs et sous-traitants. Mais imposer des rapports ne suffit pas : il faut des contrôles et des conséquences réelles en cas de manquement. Sinon, la RSE devient une communication rassurante plutôt qu’un changement concret.
    La démarche volontaire reste utile pour expérimenter et dépasser les exigences légales. Une entreprise peut, par exemple, choisir des fournisseurs mieux rémunérés ou des produits plus facilement réparables. Le bon équilibre associe donc obligations proportionnées, résultats vérifiables et liberté d’initiative. Reste une question : jusqu’où transformer les règles économiques pour que la responsabilité devienne aussi un avantage concurrentiel ?