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    Question d'oral

    Que révèle l'étude de Marienthal sur le chômage ?

    Réponse d'oral

    L’étude de Marienthal révèle que le chômage ne provoque pas seulement une perte de revenu : il désorganise le temps, fragilise les relations sociales et peut conduire à la résignation plutôt qu’à la révolte. Publiée en 1933 par Marie Jahoda, Paul Lazarsfeld et Hans Zeisel, cette enquête porte sur une commune ouvrière autrichienne frappée par la fermeture de son usine textile en 1930. Les chercheurs observent la vie quotidienne des familles, leurs dépenses, leurs déplacements et leurs activités. Ils montrent ainsi que perdre son emploi, c’est aussi perdre une partie des repères qui structurent l’existence.
    Le résultat le plus frappant concerne le rapport au temps. Les hommes sans emploi disposent de journées libres, mais peinent à leur donner un rythme et un but. Les observations de leurs déplacements montrent notamment qu’ils marchent plus lentement et s’arrêtent davantage. Les femmes, qui restent chargées des tâches domestiques, conservent plus souvent une organisation quotidienne. Autre constat : malgré le temps disponible, la participation aux associations et les emprunts à la bibliothèque diminuent. Le chômage prolongé ne libère donc pas automatiquement du temps pour apprendre, créer ou s’engager.
    Marienthal montre ainsi que l’emploi apporte, au-delà du salaire, une intégration sociale : des horaires, des contacts, une place reconnue et des objectifs communs. Les réactions restent diverses, mais l’épuisement des ressources favorise souvent l’apathie. Cette enquête invite donc à penser l’accompagnement des chômeurs autrement que comme une simple aide financière. Comment garantir à chacun une place et une reconnaissance lorsque l’emploi vient à manquer ?