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    Question d'oral

    Qu'est-ce que l'argument de la pauvreté du stimulus ?

    Réponse d'oral

    L’argument de la pauvreté du stimulus, défendu par Noam Chomsky, affirme que les paroles entendues par l’enfant ne suffisent pas, à elles seules, à expliquer l’acquisition du langage. L’enfant entend des phrases parfois incomplètes, reçoit peu de corrections grammaticales systématiques et ne rencontre jamais toutes les phrases possibles. Pourtant, il parvient à comprendre et à produire des phrases nouvelles. Pour Chomsky, cet écart suggère l’existence de dispositions innées qui orientent l’acquisition de la grammaire. Il ne prétend donc pas que le français ou le japonais seraient présents dès la naissance, mais que certaines contraintes sur les langues seraient déjà inscrites dans notre équipement mental.
    Un exemple classique concerne les questions en anglais. À partir de « The boy who is crying is hungry », la question correcte est « Is the boy who is crying hungry? ». L’enfant doit déplacer le verbe de la proposition principale, et non le premier « is » rencontré. Il tient donc compte de la structure de la phrase, pas seulement de l’ordre des mots. Selon Chomsky, les exemples entendus n’expliquent pas suffisamment cette capacité.
    Tomasello conteste cette conclusion : les interactions, l’attention partagée et le repérage de régularités fourniraient davantage d’informations que Chomsky ne le suppose. Les cas d’enfants privés d’échanges, comme Genie, découverte en 1970, montrent surtout que les dispositions biologiques ne suffisent pas sans environnement humain ; ils ne tranchent pas entre ces théories. La question reste donc de savoir ce que l’enfant possède au départ et ce qu’il construit avec les autres.