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    Question d'oral

    Que nous apprennent les cas de Victor de l'Aveyron et de Genie ?

    Réponse d'oral

    Les cas de Victor de l’Aveyron et de Genie nous apprennent que l’acquisition du langage dépend d’interactions humaines précoces, et pas seulement de capacités présentes à la naissance. Victor, retrouvé dans l’Aveyron en 1800, à environ douze ans, est pris en charge par le médecin Jean Itard. Malgré des progrès dans la communication et la vie quotidienne, il ne développe pas un langage oral complet. Genie, découverte en Californie en 1970 à treize ans, avait subi un isolement extrême et de graves maltraitances. Après sa prise en charge, elle acquiert des mots et les combine, mais sa grammaire reste très limitée.
    Ces parcours appuient l’idée d’une période sensible : les premières années sont particulièrement importantes pour développer le langage. Mais ils ne prouvent pas qu’une frontière nette, à la puberté, rendrait ensuite toute acquisition impossible. L’histoire antérieure de Victor est mal connue ; chez Genie, les effets de la privation linguistique se mêlent à ceux des traumatismes. Il faut donc éviter de transformer ces enfants en expériences scientifiques parfaites.
    Ces cas éclairent aussi le débat entre Chomsky et Tomasello. Pour Chomsky, l’être humain possède des dispositions innées spécifiques au langage, mais celles-ci ont besoin d’un environnement linguistique. Tomasello insiste davantage sur les échanges sociaux, l’attention partagée et la compréhension des intentions. Victor et Genie montrent ainsi que les capacités biologiques ne suffisent pas sans relations humaines. Ils ne permettent toutefois pas de départager définitivement ces théories, ni de conclure sur le bilinguisme. Apprendre à parler, n’est-ce pas aussi apprendre à entrer dans un monde partagé ?