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    Question d'oral

    Que reproche Tomasello à Chomsky ?

    Réponse d'oral

    Tomasello reproche à Chomsky d’expliquer l’acquisition du langage par une grammaire innée, plutôt que par les interactions sociales et l’usage concret des langues. Pour Chomsky, l’enfant possède une prédisposition biologique spécifiquement linguistique, qui contraint les grammaires humaines possibles : c’est l’idée de grammaire universelle. Tomasello juge cette hypothèse trop forte et insuffisamment étayée. Selon lui, les capacités générales de l’enfant permettent de comprendre une grande partie du processus : reconnaître des régularités, mémoriser des expressions et surtout comprendre ce que les autres cherchent à communiquer.
    L’enfant ne commencerait donc pas avec des règles abstraites déjà disponibles. Il construirait progressivement sa grammaire à partir de ce qu’il entend et utilise. Par exemple, après avoir entendu « encore du lait » et « encore du pain », il peut reprendre ce modèle pour demander « encore du jus ». Il passe ainsi d’expressions particulières à des constructions plus générales. L’attention conjointe joue ici un rôle essentiel : un adulte et un enfant regardent le même chien, l’adulte le nomme, et l’enfant relie le mot à leur expérience partagée. Tomasello ne nie donc pas la biologie ; il conteste l’existence nécessaire d’un équipement grammatical inné spécialisé.
    Les enfants dits « sauvages », comme Victor de l’Aveyron, recueilli en 1800, rappellent l’importance d’un environnement humain pour développer le langage. Mais leurs difficultés ne départagent pas, à elles seules, les deux théories : privations, traumatismes et troubles éventuels se mêlent. Le débat invite finalement à se demander comment nos dispositions naturelles deviennent des capacités grâce aux autres.