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    Question d'oral

    Qu'est-ce que le capitalisme rhénan et la codétermination allemande ?

    Réponse d'oral

    Le capitalisme rhénan est un modèle dans lequel l’entreprise recherche le profit tout en tenant compte des salariés et du long terme ; la codétermination allemande en est un pilier, puisqu’elle associe les représentants des salariés à son contrôle. Popularisé par Michel Albert dans son ouvrage Capitalisme contre capitalisme, publié en 1991, ce modèle caractérise notamment l’Allemagne. Il repose sur des relations durables entre entreprises, banques et syndicats, ainsi que sur la formation professionnelle et la négociation collective. Contrairement au capitalisme centré sur la valeur pour l’actionnaire, il ne fait pas du rendement boursier immédiat la seule boussole.
    Concrètement, la loi allemande de 1976 prévoit que, dans les grandes entreprises concernées de plus de 2 000 salariés, la moitié des sièges du conseil de surveillance revient aux représentants des salariés. L’autre moitié représente les actionnaires. Ce conseil surveille la direction et participe aux grandes décisions, sans gérer l’activité quotidienne. Attention : cette parité ne signifie pas une égalité parfaite de pouvoir. En cas de blocage persistant, le président du conseil, généralement issu des représentants des actionnaires, dispose d’une voix prépondérante. À l’échelle des établissements, des conseils élus disposent aussi de droits sur l’organisation du travail.
    L’idée est simple : ceux qui font vivre l’entreprise doivent pouvoir peser sur son avenir. Ce partage favorise le dialogue et peut soutenir l’investissement durable, mais il n’empêche ni les conflits ni les suppressions d’emplois. Reste à savoir jusqu’où partager le pouvoir pour concilier efficacité économique et démocratie dans l’entreprise.