Retour à la fiche
    Question d'oral

    Quelle différence entre écriture logographique, syllabaire et alphabet ?

    Réponse d'oral

    La différence entre écriture logographique, syllabaire et alphabet tient à ce que représente chaque signe : un mot ou un élément de sens, une syllabe, ou un son distinctif de la langue. Dans une écriture logographique, comme l’écriture chinoise, les caractères renvoient généralement à des unités porteuses de sens. Par exemple, 山 signifie « montagne » et se prononce shān en mandarin. Ce n’est donc pas simplement un dessin compréhensible dans toutes les langues : le caractère est lié à une langue et à une prononciation. Il faut connaître plusieurs milliers de caractères pour lire couramment.
    Dans un syllabaire, chaque signe note une syllabe, ou une unité proche. Ainsi, dans les hiragana japonais, か note ka et き note ki. Un alphabet décompose davantage la parole : dans « papa », les quatre lettres notent la succession des sons /p/, /a/, /p/, /a/. Quelques dizaines de lettres suffisent alors, mais leur correspondance avec les sons n’est pas toujours régulière. En français, « ch » représente ainsi un seul son dans « chat ».
    Ces catégories ne sont pas des étapes obligatoires vers un système supérieur. Les écritures réelles sont souvent mixtes : le japonais associe des caractères chinois à deux syllabaires. À Sumer, vers 3300 avant notre ère, les premières tablettes servent surtout à enregistrer des comptes ; le système développera aussi des usages phonétiques. Les emojis, eux, complètent nos messages sans permettre de transcrire précisément n’importe quel énoncé. Leur succès invite à réfléchir à ce que les images ajoutent aux mots, plutôt qu’à ce qu’elles pourraient remplacer.