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Question d'oral
Faut-il autoriser la modification du génome humain ?
Réponse d'oral
Il faut autoriser la modification du génome humain pour soigner certaines maladies, mais maintenir l’interdiction des modifications transmissibles à la descendance destinées à faire naître un enfant. La distinction essentielle oppose les cellules somatiques, qui composent les tissus d’un patient, aux cellules germinales, comme les ovules et les spermatozoïdes. Modifier les premières peut traiter une personne sans changer le patrimoine génétique de ses futurs enfants. Modifier les secondes, ou un embryon destiné à une grossesse, engage aussi les générations suivantes.L’intérêt médical est réel. En 2023, le Royaume-Uni a autorisé Casgevy, un traitement utilisant CRISPR pour modifier des cellules souches sanguines de patients atteints notamment de drépanocytose. Mais cette possibilité exige des essais rigoureux, un suivi prolongé et un consentement libre et éclairé. Depuis le code de Nuremberg de 1947, élaboré après les expérimentations nazies, la recherche sur l’être humain ne peut sacrifier la personne au progrès scientifique. En France, les lois de bioéthique de 1994 et leurs révisions encadrent ces pratiques ; l’article 16-4 du Code civil interdit les transformations génétiques visant à modifier la descendance.Le risque devient autrement plus grand lorsqu’il s’agit de fabriquer un enfant aux caractéristiques choisies. En 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de jumelles dont il avait modifié les embryons, suscitant une condamnation internationale. Les effets imprévus, l’absence de consentement des futurs enfants et le risque d’eugénisme justifient une limite ferme. L’accès équitable aux traitements compte également : soigner ne doit pas devenir un privilège génétique. Reste à décider collectivement où finit le soin et où commence la sélection des êtres humains.
