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Question d'oral
Que pense-t-on du pari Simon-Ehrlich et du techno-optimisme ?
Réponse d'oral
Le pari Simon-Ehrlich donne un argument au techno-optimisme, mais il ne prouve pas que l’innovation peut résoudre tous les problèmes de surpopulation et de ressources. En 1980, l’économiste Julian Simon défie le biologiste Paul Ehrlich : il parie que cinq métaux choisis par Ehrlich coûteront moins cher dix ans plus tard, après correction de l’inflation. En 1990, Simon gagne. Malgré l’augmentation de la population mondiale, leur prix a baissé. Son idée est simple : une ressource devient rare, son prix monte, et cela pousse à chercher de nouveaux gisements, à recycler ou à trouver des substituts. L’être humain n’est donc pas seulement une bouche à nourrir : il invente aussi des solutions.Mais ce résultat reste celui d’un pari sur cinq métaux pendant dix ans. Les prix dépendent aussi de la conjoncture économique et des capacités de production. Ils ne mesurent pas tous les dégâts écologiques. Un métal moins cher peut être extrait au prix d’une pollution accrue. Surtout, le climat stable ou une espèce disparue ne se remplacent pas comme un matériau industriel. Le pari réfute donc une prévision précise, pas l’existence de limites écologiques.Le techno-optimisme rappelle utilement que les sociétés s’adaptent : les progrès agricoles ont démenti les famines mondiales annoncées par Ehrlich. Mais transformer cette capacité en garantie serait imprudent. L’innovation demande du temps, des investissements et des règles ; ses gains peuvent aussi être annulés par une consommation croissante. Entre confiance aveugle et catastrophe annoncée, mieux vaut associer progrès technique, sobriété et justice sociale. La vraie question devient alors : comment innover sans faire de l’avenir un pari ?
