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Question d'oral
Que critiquent Bourdieu, Rawls, Dubet et Sandel dans la méritocratie ?
Réponse d'oral
Bourdieu, Rawls, Dubet et Sandel critiquent la méritocratie parce qu’elle présente trop facilement la réussite comme le résultat du mérite individuel, en oubliant les inégalités de départ, la chance et le sort des perdants. Ils ne formulent pourtant pas la même objection. Pour Bourdieu, l’école transforme souvent les avantages familiaux en mérite scolaire. Un enfant habitué aux livres, aux musées et au langage attendu par les professeurs possède déjà des atouts. Un concours peut donc être anonyme sans garantir une véritable égalité des chances : les candidats passent la même épreuve, mais ne s’y sont pas préparés dans les mêmes conditions.Rawls va plus loin : personne ne mérite sa naissance, ses talents naturels, ni toutes les conditions qui favorisent son goût de l’effort. Dans Théorie de la justice, publié en 1971, il ne demande pas de supprimer toute différence de revenu. Il soutient notamment que les inégalités doivent bénéficier aux plus défavorisés. Dubet, lui, souligne la cruauté possible de la compétition scolaire : si l’école affirme que chacun peut réussir, l’élève en échec risque de se croire seul responsable. Une école juste doit aussi assurer à tous des savoirs solides et protéger la dignité des moins bien classés.Enfin, Sandel critique l’arrogance des gagnants, persuadés de ne devoir leur réussite qu’à eux-mêmes, et l’humiliation des perdants. Il invite à reconnaître notre dépendance envers les autres et la valeur des métiers peu récompensés. Leur question commune devient alors : comment encourager l’effort sans faire du classement scolaire ou social une mesure de la valeur des personnes ?
