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    Question d'oral

    La méritocratie a-t-elle produit le populisme (Sandel) ?

    Réponse d'oral

    La méritocratie n’a pas produit à elle seule le populisme, mais, selon Michael Sandel, elle l’a nourri en transformant la réussite sociale en preuve de mérite et l’échec en faute personnelle. Dans La Tyrannie du mérite, paru en 2020, le philosophe critique une promesse familière : « Si vous travaillez dur, vous réussirez. » Cette idée paraît juste face aux privilèges de naissance. Pourtant, elle oublie le poids de la famille, de l’argent, de la santé et de la chance. Les gagnants finissent alors par croire qu’ils doivent tout à eux-mêmes. Les perdants peuvent entendre que leurs difficultés prouvent leur manque de talent ou d’effort.
    Le concours illustre ce problème. Deux candidats passent les mêmes épreuves, mais l’un a bénéficié de cours particuliers et d’un logement calme, tandis que l’autre travaille pour financer ses études. L’égalité des règles ne garantit donc pas l’égalité des chances. Surtout, Sandel souligne que même une compétition parfaitement équitable ne suffirait pas : elle laisserait entière la question du respect accordé aux personnes moins diplômées. Il éclaire ainsi le vote Trump et le Brexit, en 2016, par un ressentiment envers des élites qui semblent mépriser certains métiers et modes de vie.
    Ce n’est donc pas l’effort que Sandel condamne, mais l’idée que les vainqueurs méritent tout et les autres presque rien. Le populisme a aussi des causes économiques, culturelles et politiques : la méritocratie n’explique pas tout. Pour réduire cette fracture, il propose notamment de mieux reconnaître la contribution des travailleurs au bien commun. Une société juste doit-elle seulement permettre à chacun de monter, ou garantir aussi une vie digne à ceux qui ne montent pas ?