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    Question d'oral

    Fallait-il commémorer le bicentenaire de sa mort en 2021 ?

    Réponse d'oral

    Oui, il fallait commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte en 2021, mais sans transformer ce rendez-vous historique en célébration aveugle. Mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821, Napoléon a profondément marqué la France moderne. Commémorer n’est pas glorifier : c’est rappeler un passé, expliquer ses héritages et regarder aussi ses violences. Refuser toute commémoration aurait privé le débat public d’une occasion de mieux comprendre ce personnage, à la fois héritier de la Révolution et fondateur d’un pouvoir autoritaire.
    Son bilan institutionnel justifie cette attention. Premier consul après le coup d’État du 18 Brumaire, en novembre 1799, puis empereur en 1804, il consolide un État centralisé. Les préfets, les lycées ou la Banque de France structurent encore notre quotidien. Le Code civil, promulgué le 21 mars 1804, protège la propriété et confirme l’égalité civile masculine. Mais il place aussi les femmes mariées sous l’autorité de leur mari. L’héritage napoléonien n’est donc ni entièrement émancipateur ni simplement dépassé.
    Une commémoration honnête devait également rappeler la censure, la surveillance policière et les guerres meurtrières, jusqu’à Waterloo, le 18 juin 1815. Surtout, le rétablissement de l’esclavage en 1802, huit ans après son abolition révolutionnaire, interdit tout portrait uniquement héroïque. En 2021, l’enjeu était donc de présenter ensemble le bâtisseur d’institutions et le dirigeant responsable d’oppressions. Cette démarche permet de transmettre l’histoire sans imposer l’admiration. Une nation ne montre-t-elle pas davantage sa maturité lorsqu’elle accepte de regarder ses grandes figures sans cacher leurs fautes ?