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    Question d'oral

    Que gagne-t-on et que perd-t-on avec la présidentialisation (efficacité, lisibilité, contre-pouvoirs) ?

    Réponse d'oral

    Avec la présidentialisation du pouvoir exécutif sous la Ve République, on gagne en efficacité et en lisibilité, mais on risque d’affaiblir les contre-pouvoirs et de concentrer les responsabilités sur une seule personne. Le système reste pourtant bicéphale : le Président garantit le fonctionnement des institutions, tandis que le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation, selon l’article 20. Lorsque le Président dispose d’une majorité fidèle à l’Assemblée nationale, il devient, dans les faits, le principal décideur. Le Premier ministre met alors largement en œuvre ses orientations.
    Le premier avantage est d’avoir un cap politique identifiable. Les citoyens savent qui porte les grandes décisions et peuvent juger son bilan lors de l’élection présidentielle. Une majorité parlementaire alignée permet aussi d’adopter plus facilement les réformes. Mais cette efficacité dépend du fait majoritaire, et non du seul pouvoir présidentiel. En 1997, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale pour conforter sa majorité : il la perd. Lionel Jospin devient Premier ministre et conduit la politique gouvernementale pendant cinq ans. Cette cohabitation montre que le Président ne maîtrise pas tout.
    La principale perte concerne l’équilibre des pouvoirs. Une majorité trop disciplinée peut moins contrôler le Gouvernement, tandis que le Premier ministre s’efface et que les ministres paraissent moins autonomes. Les contre-pouvoirs ne disparaissent cependant pas : Parlement, juges, médias et citoyens peuvent contester les décisions. Enfin, tout personnaliser crée une attente excessive envers le Président, tenu responsable jusque dans les détails de l’action administrative. Reste à savoir si gouverner efficacement exige un chef plus puissant ou des institutions mieux équilibrées.