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    Question d'oral

    Pourquoi Robert Badinter est-il devenu abolitionniste ?

    Réponse d'oral

    Robert Badinter est devenu abolitionniste parce qu’il refusait qu’une justice humaine, donc faillible, puisse donner la mort ; l’exécution de Roger Bontems, en 1972, a transformé cette conviction en combat militant. Son histoire personnelle nourrit aussi son attachement à la dignité humaine : son père, juif, est arrêté par la Gestapo à Lyon en 1943, puis meurt à Sobibor. Mais c’est surtout son expérience d’avocat qui le confronte directement à la violence de la peine capitale.
    Le tournant décisif est l’affaire Bontems. En 1971, à la prison de Clairvaux, Claude Buffet et Roger Bontems prennent des otages. Buffet tue deux personnes. Bontems n’a pas tué, mais il est néanmoins condamné à mort pour complicité. Malgré les efforts de Badinter, son avocat, il est guillotiné le 28 novembre 1972. Badinter en reste profondément marqué : une peine irréversible a frappé un homme qui n’avait pas lui-même commis les meurtres. Il racontera cette expérience dans L’Exécution, publié en 1973.
    Son combat ne consiste pourtant pas seulement à défendre ceux qui n’ont pas tué. En janvier 1977, il obtient la réclusion à perpétuité pour Patrick Henry, meurtrier d’un enfant de sept ans. Il défend ainsi un principe : punir sans tuer, même face à un crime atroce. Devenu ministre de la Justice, il porte l’abolition, promulguée le 9 octobre 1981. Son engagement invite à se demander jusqu’où une société peut punir sans renoncer à ses propres valeurs.