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    Question d'oral

    Que dit le discours du 17 septembre 1981 et comment l'abolition a-t-elle été votée ?

    Réponse d'oral

    Le discours de Robert Badinter du 17 septembre 1981 défend l’abolition de la peine de mort au nom d’une justice humaine et faillible ; l’Assemblée nationale l’adopte dès le lendemain, avant le Sénat le 30 septembre. Devant les députés, le garde des Sceaux de François Mitterrand affirme que la justice ne doit pas tuer. Son raisonnement est simple : aucune justice n’est à l’abri d’une erreur, et une exécution empêche toute réparation. Il conteste aussi l’idée selon laquelle la peine capitale protégerait mieux la société que la prison. Abolir ne signifie donc ni excuser le crime ni oublier les victimes : c’est refuser que l’État réponde au meurtre par une mise à mort.
    Ce discours prolonge son combat d’avocat. En 1972, Roger Bontems, qu’il défendait, avait été guillotiné alors qu’il n’avait pas lui-même tué les otages de Clairvaux. Cette expérience nourrit sa dénonciation d’une peine irréversible. Badinter rappelle également que l’abolition appartient à une longue histoire, portée notamment par Victor Hugo et Jean Jaurès. Il demande aux parlementaires de choisir selon leurs convictions, alors qu’une majorité de Français reste favorable à la peine capitale.
    Le 18 septembre 1981, l’Assemblée nationale vote le projet par 363 voix contre 117, avec le soutien d’une partie de la droite, dont Jacques Chirac. Le Sénat l’adopte sans modification le 30 septembre, par 160 voix contre 126 : le vote est alors définitif. La loi est promulguée le 9 octobre 1981. Cette décision invite encore à réfléchir : rendre justice, est-ce suivre l’émotion collective ou savoir lui fixer des limites ?