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    Question d'oral

    Qu'est-ce que la glottophobie et comment la loi française la traite-t-elle ?

    Réponse d'oral

    La glottophobie est une discrimination fondée sur la langue ou la manière de parler ; la loi française la traite de façon partielle, sans reconnaître explicitement l’accent comme un critère autonome de discrimination. Le sociolinguiste Philippe Blanchet a popularisé ce terme en 2016. Concrètement, il s’agit de dévaloriser ou d’écarter quelqu’un parce qu’il parle avec un accent régional ou étranger, ou utilise une langue jugée moins prestigieuse. Refuser un candidat compétent uniquement parce que son accent paraît « peu professionnel » illustre ce mécanisme : on juge la personne plutôt que ses capacités.
    Une précision juridique est importante : c’est la loi du 18 novembre 2016, et non du 27 novembre, qui a ajouté aux critères de discrimination interdits la « capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français ». Cette formulation ne protège donc pas explicitement toutes les façons de parler français. Le 26 novembre 2020, l’Assemblée nationale a adopté une proposition visant à interdire les discriminations liées à l’accent. Mais ce vote n’a pas abouti à une loi promulguée : l’accent n’est donc pas devenu, par ce vote, un critère autonome dans le Code pénal.
    Cela ne signifie pas qu’aucun recours n’existe : selon les circonstances, une discrimination liée à l’accent peut recouper un critère déjà interdit, comme l’origine. Il faut aussi distinguer une exigence linguistique réellement nécessaire au travail d’un simple préjugé. La question reste alors de savoir comment garantir une parole compréhensible sans imposer à chacun la même voix.