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    Question d'oral

    L’inflation normative (lois, décrets, circulaires) menace-t-elle l’efficacité de l’action publique et l’égalité devant la loi ?

    Réponse d'oral

    L’inflation normative menace l’efficacité de l’action publique et l’égalité devant la loi lorsqu’elle rend les règles trop nombreuses, instables ou difficiles à comprendre. Les lois et les décrets répondent souvent à de vrais besoins : protéger les salariés, préserver l’environnement, encadrer les nouvelles technologies. Mais leur accumulation peut ralentir les décisions et multiplier les démarches. Une commune qui rénove une école doit ainsi articuler les règles de sécurité, d’accessibilité, d’urbanisme et de commande publique. Chacune a son utilité ; leur combinaison peut pourtant retarder les travaux.
    Cette complexité fragilise aussi l’égalité devant la loi. Les grandes entreprises disposent de juristes pour suivre les changements, tandis qu’un artisan doit souvent se débrouiller seul. Une règle identique pour tous devient alors plus facile à maîtriser pour certains. La hiérarchie des normes, théorisée par Hans Kelsen, apporte une garantie : les règles inférieures doivent respecter les règles supérieures. Une circulaire ne peut donc pas légalement contredire une loi. Toutefois, cette hiérarchie ne suffit pas à rendre le droit lisible. En 1999, le Conseil constitutionnel a reconnu l’accessibilité et l’intelligibilité de la loi comme un objectif de valeur constitutionnelle.
    La solution n’est donc pas de supprimer les normes sans distinction, mais de renforcer la sécurité juridique : mieux évaluer les règles avant leur adoption, stabiliser celles qui fonctionnent et supprimer les contradictions. Simplifier doit faciliter l’action sans affaiblir les protections. La vraie question devient alors : comment produire moins de complexité tout en garantissant davantage de droits ?