Retour à la fiche
Question d'oral
Le travail est-il une valeur en voie de disparition ?
Réponse d'oral
Le travail n’est pas une valeur en voie de disparition : c’est surtout sa place dans la vie et le sens qu’on lui donne qui se transforment. Il reste un moyen de gagner sa vie, mais aussi d’obtenir une reconnaissance et de se sentir utile. Il faut distinguer l’emploi, qui apporte un revenu et un statut, de l’activité accomplie et de la valeur qu’on lui accorde. On peut tenir à son métier tout en refusant qu’il occupe toute son existence. Demander davantage de temps libre ne signifie donc pas nécessairement rejeter le travail.Cette ambivalence est ancienne. En 1893, Durkheim explique que la division du travail rend les individus interdépendants : chacun dépend du travail des autres. Mais Marx montre aussi comment l’organisation productive peut déposséder l’ouvrier de la maîtrise de son activité. Aujourd’hui, cette tension apparaît dans les bullshit jobs, décrits par David Graeber en 2018 : des emplois dont les titulaires eux-mêmes jugent l’existence inutile. Produire des rapports que personne ne lit peut procurer un salaire sans apporter le sentiment de contribuer à quelque chose.Pourtant, l’expérience du chômage rappelle combien le travail structure les journées, les relations et l’identité. L’enquête menée à Marienthal, publiée en 1933, montre que la fermeture d’une usine ne provoque pas seulement une perte de revenus : elle désorganise aussi la vie collective. Ce qui semble reculer, c’est moins la valeur du travail que l’idée qu’il faudrait tout lui sacrifier. La question devient alors : comment organiser un travail qui permette de vivre, sans empêcher de vivre ?
Autres questions
1.Qu'est-ce que la division du travail chez Smith et Durkheim ?2.Quelles sont les différences entre taylorisme, fordisme et toyotisme ?3.Qu'est-ce que le salariat et pourquoi Castel parle-t-il de société salariale ?4.Que révèle l'étude de Marienthal sur le chômage ?5.Que sont les bullshit jobs et la quête de sens au travail ?
