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    Question d'oral

    Que prouve la langue des signes sur la nature du langage ?

    Réponse d'oral

    La langue des signes prouve que le langage humain ne dépend pas de la voix : il repose sur la capacité à construire du sens grâce à des signes organisés par une grammaire. Les langues des signes sont des langues complètes, et non des mimes ou des versions gestuelles des langues orales. Elles possèdent leurs règles, permettent de raconter le passé, d’exprimer une hypothèse ou de plaisanter. Elles mobilisent les mains, mais aussi le regard, le visage et l’espace. Il n’existe donc pas une langue des signes universelle : la langue des signes française diffère de l’américaine.
    Leur acquisition éclaire le débat entre Chomsky et Tomasello. Un enfant exposé dès la naissance à une langue signée passe par des étapes comparables à celles d’un enfant entendant : babillage manuel, premiers signes, puis combinaisons. Cela soutient l’idée, défendue par Chomsky, d’une disposition humaine au langage, sans prouver à elle seule sa théorie d’une grammaire innée. Mais les échanges avec autrui restent essentiels, comme le souligne Tomasello. Au Nicaragua, à partir de 1977, le regroupement d’enfants sourds dans des écoles a favorisé l’émergence d’une nouvelle langue des signes, progressivement structurée par les enfants.
    Enfin, ces langues révèlent l’importance d’un accès précoce au langage. Le danger pour un enfant sourd n’est pas l’absence de sons, mais l’absence d’une langue accessible. Les cas de Victor de l’Aveyron ou de Genie suggèrent aussi le rôle des interactions précoces, même si leurs traumatismes empêchent toute conclusion simple. Et si le propre du langage était moins de parler que de partager un monde ?