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Question d'oral
Égalité des chances ou égalité des places ?
Réponse d'oral
L’égalité des chances vise à donner à chacun les mêmes possibilités de réussite, tandis que l’égalité des places cherche à réduire les écarts entre les positions sociales : les deux peuvent se compléter. La première promet que la naissance ne décidera pas du destin. La seconde veut que les conditions de vie restent dignes, quelle que soit la place occupée. Dans l’éducation, cela revient à poser deux questions : chacun peut-il accéder aux meilleures formations ? Et ceux qui n’y accèdent pas auront-ils malgré tout un avenir acceptable ?La méritocratie privilégie l’égalité des chances. Le concours semble juste : mêmes épreuves, mêmes critères, copies souvent anonymes. Mais une règle identique ne suffit pas à rendre les candidats égaux. Un élève qui dispose d’une chambre calme, de cours particuliers et de parents familiers des études part mieux armé qu’un autre. Dès 1958, Michael Young, dans The Rise of the Meritocracy, imaginait une société où les gagnants attribuent entièrement leur succès à leur mérite et où les perdants se sentent personnellement coupables. Le risque est donc de transformer des avantages hérités en supériorité prétendument méritée.L’égalité des places propose un autre effort : réduire les écarts de revenus, améliorer les services publics et valoriser les métiers moins prestigieux. Elle ne signifie pas que tout le monde doit gagner exactement autant. À l’école, elle invite à garantir une formation solide à tous, plutôt qu’à seulement sélectionner quelques élèves issus de milieux modestes. Une société juste doit-elle surtout permettre à chacun de monter, ou rendre chaque place plus vivable ?
Autres questions
1.Qu'est-ce que la méritocratie et d'où vient le mot (Young 1958) ?2.Que dit l'article 6 de la Déclaration de 1789 et comment la France a-t-elle institué le mérite ?3.Quelles sont les vertus et les biais du concours ?4.Que critiquent Bourdieu, Rawls, Dubet et Sandel dans la méritocratie ?5.La méritocratie a-t-elle produit le populisme (Sandel) ?
