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Question d'oral
Les grands modèles de langage réfutent-ils la grammaire universelle de Chomsky ?
Réponse d'oral
Les grands modèles de langage ne réfutent pas directement la grammaire universelle de Chomsky, mais ils bousculent l’idée que des connaissances grammaticales innées seraient indispensables pour apprendre une langue. Pour Chomsky, l’être humain possède une capacité biologique propre au langage, qui impose des contraintes aux grammaires possibles. Son argument central est celui de la « pauvreté du stimulus » : les enfants maîtrisent des règles complexes sans recevoir d’explications systématiques ni rencontrer tous les exemples possibles.Or, les grands modèles de langage, comme ChatGPT, lancé en novembre 2022, produisent des phrases souvent grammaticales en apprenant des régularités dans d’immenses quantités de données. Ils ne reçoivent pas une grammaire universelle explicitement programmée. Cela montre qu’un apprentissage statistique peut accomplir bien plus qu’on ne l’imaginait. Mais la comparaison a ses limites : un enfant apprend avec beaucoup moins de mots, dans des interactions concrètes, avec un corps, des intentions et une vie sociale. Un modèle possède aussi une architecture et des choix d’entraînement qui orientent son apprentissage : il ne part donc pas de rien.Il faut ainsi distinguer la réussite linguistique et l’explication du fonctionnement humain. Produire un accord correct ne prouve pas que la machine l’apprend comme un enfant. La linguistique, science descriptive du langage, doit comparer les erreurs, les données nécessaires et les capacités de généralisation. Les modèles fragilisent certaines affirmations sur les limites de l’apprentissage statistique, sans trancher à eux seuls la question de l’inné. Reste à comprendre si des chemins d’apprentissage différents peuvent conduire à une même maîtrise apparente de la langue.
