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Question d'oral
La traduction automatique rend-elle le traducteur inutile ?
Réponse d'oral
La traduction automatique ne rend pas le traducteur inutile : elle accélère son travail, mais ne remplace pas son jugement. Pour comprendre un courriel ou consulter un mode d’emploi simple, elle suffit souvent. Les outils actuels produisent même des phrases très naturelles. Mais une phrase fluide n’est pas forcément juste : une négation oubliée dans une notice médicale ou un terme mal choisi dans un contrat peuvent avoir de graves conséquences. Le traducteur vérifie donc le sens, les informations et l’adaptation au destinataire. La post-édition, c’est-à-dire la correction humaine d’une traduction automatique, devient ainsi une partie de son métier.Cette nécessité de choisir n’a rien de nouveau. À la fin du IVe siècle, saint Jérôme, principal artisan de la Vulgate latine, défend déjà une traduction attentive au sens plutôt qu’au simple remplacement des mots. Traduire, c’est aussi décider de conserver une étrangeté ou de rendre une expression familière. L’intraduisible montre particulièrement cette difficulté : le portugais saudade évoque un manque affectif et une nostalgie que le seul mot « tristesse » ne restitue pas. Dans un roman, une chanson ou une publicité, il faut reconstruire un effet, un rythme, parfois un jeu de mots.La machine transforme donc le métier et peut réduire certains besoins, notamment pour les contenus répétitifs. Mais le jugement humain reste essentiel lorsque le contexte, la responsabilité ou la création comptent. La vraie question devient alors : quelles traductions sommes-nous prêts à accepter sans regard humain ?
Autres questions
1.Quelle différence entre une traduction sourcière et cibliste ?2.Pourquoi dit-on que la traduction a fait les langues nationales ?3.Qu'est-ce que l'intraduisible selon Barbara Cassin ?4.Que signifie l'« hospitalité langagière » chez Ricœur ?5.Faut-il partager l'identité d'un auteur pour le traduire ?
